Kim Seong-jin (translittération phonétique), chef de la division des actifs virtuels à la Commission des services financiers (FSC) de Corée du Sud, a confirmé lors d’une session à l’Assemblée nationale que le gouvernement fait avancer simultanément deux chantiers : d’une part, la phase 2 de la « Loi fondamentale sur les actifs numériques », qui inclut les règles sur les stablecoins, et d’autre part un dispositif permettant aux investisseurs institutionnels d’entrer sur le marché des actifs virtuels. Selon Tokenpost, la ligne directrice de la FSC est d’achever la législation sur les actifs numériques dans l’année ; une fois l’entrée institutionnelle actée, l’interdiction imposée en 2017 par voie de directive administrative — empêchant les institutions financières de détenir des participations dans des entreprises d’actifs virtuels — pourrait elle aussi être levée cette année. Cela signifie qu’une ligne rouge administrative en vigueur depuis 2017 montre un signal clair d’assouplissement.
Décryptage éditorial : qu’est-ce qui change réellement pour les utilisateurs de cartes U en Corée ?
Commençons par la conclusion : cette actualité ne modifie pas, à ce stade, l’usage de la carte que vous détenez déjà. Il s’agit d’une actualité « en amont » : elle concerne la reconnaissance légale du stablecoin en droit coréen, la possibilité d’émettre un stablecoin en won, et la capacité des institutions coréennes à détenir légalement des parts dans des plateformes d’échange. Elle ne touche pas directement le parcours de demande, de rechargement ou d’utilisation d’une carte virtuelle.
Mais selon les cas d’usage, les implications à moyen terme diffèrent :
- Utilisateurs coréens de cartes adossées à des plateformes d’échange (Bybit Card, OKX Card) : une fois la loi entrée en vigueur, le statut réglementaire des plateformes en Corée deviendra plus clair — un signal favorable à long terme, susceptible de bénéficier à la stabilité de l’émission des cartes comme aux canaux d’entrée et sortie en monnaie fiduciaire. Mais à court terme (7 à 30 jours), aucun changement au niveau du produit n’est à attendre.
- Utilisateurs de cartes virtuelles sur ligne Asie-Pacifique (évaluation MPCard, y compris la variante Asia Elite) : MPCard repose sur des BIN Asie-Pacifique et un système de comptes Asie-Pacifique, sans lien direct avec la législation coréenne sur les stablecoins. Cette actualité est donc quasi neutre pour cette carte.
- Fenêtre temporelle à anticiper : sous 7 jours — aucun changement ; sous 30 jours — surveiller la publication par la FSC des détails du projet de loi de phase 2 ; sous 90 jours — observer l’émergence éventuelle d’un émetteur de stablecoin en won.
Autrement dit, ce n’est pas le moment d’agir, mais celui d’observer.
Comparaison historique : face au MiCAR et au cadre stablecoin japonais
Replacer cette actualité dans la chronologie réglementaire de l’Asie-Pacifique et de l’Union européenne permet d’y voir plus clair.
- Comparaison avec le MiCAR européen : l’UE est passée de la législation en 2023 à l’entrée en vigueur des dispositions sur les stablecoins (EMT/ART) en 2024, par étapes, suivant un schéma complet « législation — période de transition — mise en application ». La Corée en est aujourd’hui au stade du « sprint législatif », sans être encore entrée en période de transition. Point commun : les deux régions cherchent à donner un statut légal au stablecoin. Différence : le MiCAR est déjà appliqué comme règle exécutoire dans l’environnement de conformité de l’UE, tandis que la Corée en est encore au stade d’orientation politique assortie d’un engagement de calendrier, le texte de loi n’étant pas encore rédigé.
- Comparaison avec le Japon : après la révision de la « Loi sur les services de règlement de fonds » en 2023, le Japon a limité l’émission de stablecoins aux banques, sociétés fiduciaires et opérateurs de transfert de fonds — une voie étroite mais très clairement définie. Si la Corée suit une voie similaire, l’émission d’un stablecoin en won sera probablement, elle aussi, réservée à des institutions financières agréées — c’est précisément pour cette raison que l’assouplissement de l’interdiction de détention par les institutions financières mérite attention : il pourrait ouvrir la voie à l’entrée des institutions agréées dans le secteur du stablecoin.
Une différence clé : le MiCAR et le Japon ont d’abord fixé les règles avant d’aborder l’entrée institutionnelle ; la Corée, cette fois, fait avancer la législation et l’entrée institutionnelle de front, avec un rythme plus offensif — ce qui signifie aussi que les détails restent encore largement à préciser.
Frontière réglementaire et de conformité : où en est-on aujourd’hui
Pour les lecteurs de usdtcard.net, il convient de préciser clairement cette frontière. Voici la situation actuelle en Corée :
- Interdiction claire : les plateformes d’échange ne pouvaient auparavant pas fournir de services directement à des clients entreprises, et les institutions financières ne pouvaient pas détenir de participations dans des entreprises d’actifs virtuels (directive administrative de 2017) — c’est précisément cette interdiction qui fait l’objet du projet d’assouplissement actuel.
- Zone grise juridique : la qualification légale du stablecoin et la légalité de l’émission d’un stablecoin en won — ce sont justement les points que la phase 2 de la loi doit trancher, et qui restent à ce jour non codifiés.
- Impact sur l’usage individuel de cartes : la détention et l’usage par des particuliers coréens de cartes virtuelles USDT émises à l’étranger ne relèvent pas du cœur de cette législation. Les obligations individuelles de KYC et de déclaration fiscale ne sont pas modifiées par cette actualité.
Il convient de rappeler que la rubrique conformité de usdtcard.net couvre actuellement 8 juridictions — Japon, Union européenne, Hong Kong, Singapour, entre autres — sans page dédiée à la Corée pour l’instant. Les utilisateurs coréens peuvent s’appuyer sur le guide de conformité japonais, dont l’approche réglementaire est la plus proche, à titre de cadre de référence — en gardant toutefois à l’esprit que les cadres juridiques des deux pays ne sont pas interchangeables ; seul le texte officiel de la FSC coréenne fait foi.
Points clés à surveiller dans les prochains temps
- Publication du projet de loi de phase 2 — la FSC s’est engagée à « achever la loi dans l’année » ; la publication du texte du projet sera le premier signal concret, à examiner en priorité sous l’angle du périmètre des émetteurs de stablecoin autorisés.
- Levée officielle ou non de l’interdiction de détention par les institutions financières — si elle est levée, cela signifierait que les banques et sociétés de courtage pourraient s’engager dans les activités liées aux stablecoins et aux actifs virtuels.
- Apparition ou non d’un émetteur de stablecoin en won — c’est la preuve directe permettant de déterminer si la Corée s’oriente vers une voie « réservée aux institutions agréées ».
- Ordre de mise en œuvre entre le dispositif d’entrée institutionnelle et la législation — savoir si les deux chantiers avancent réellement « de front » ou si l’un des deux est reporté déterminera le calendrier réel.
Recommandation éditoriale
- Utilisateurs coréens détenant déjà une Bybit Card / OKX Card : aucune action requise. Il s’agit d’une actualité législative en amont, qui ne déclenche ni changement de carte ni transfert de fonds nécessaire.
- Utilisateurs coréens envisageant une nouvelle demande de carte U : il n’y a pas lieu de reporter ou d’accélérer sa décision à cause de cette actualité. Le parcours de demande n’est pas directement lié à la législation coréenne sur les stablecoins ; vous pouvez décider selon vos propres besoins, en consultant au préalable le comparatif destiné aux utilisateurs en Corée.
- Utilisateurs suivant l’évolution du stablecoin : concentrez votre attention sur l’étape de la « publication du texte du projet de loi de phase 2 », plutôt que sur les titres d’actualité — il existe généralement plusieurs mois d’écart, et de nombreuses incertitudes, entre une orientation politique annoncée et un texte de loi finalisé.
En résumé : une actualité à noter dans son agenda, mais qui n’appelle aucune action ce soir.